Dictionerfs – Inédits – IL A COPIE-COLLÉ COMME LES AUTRES

IL A COPIE-COLLÉ COMME LES AUTRES, Copieur ! (L’art de la co-picole)

copy pasteInternet offre une réserve inépuisable de sujets déjà traités, d’exercices déjà faits, de biographies prêtes au réemploi.
Le savoir livresque est remplacé par l’ivresse du net.
L’élève est atteint de cliquite aigüe.

Le copie-colleur n’est pas seul. Il co-picole. Il colle en collectif, copiant par dessus l’épaule du numérique.

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Dictionerfs – Inédits – « SI VOUS NE M’AIMEZ PAS… »

«SI VOUS NE M’AIMEZ PAS…», Tu mi piaci ? Non, Pialat. (Spécial Cannes)

Le fonctionerfs se sent parfois comme Maurice Pialat recevant sa palme d’or à Cannes, en 1987 pour Sous le soleil de Satan. Il monte sur l’estrade et découvre que certains ne l’aiment pas. Élèves, parents…Face à ces élèves qui ne lèvent pas le doigt et à ces parents qui le pointent du doigt, il a envie de lever le poing et de lancer, comme Pialat, conspué ce soir de 1987,
«Si vous ne m’aimez pas, je peux vous dire que je ne vous aime pas non plus»

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Dictionerfs – Inédits – DERNIÈRE NUIT SANS MINISTRE

DERNIÈRE NUIT SANS MINISTRE, En Marche ou Rêve (And the winner is…)

Depuis l’élection présidentielle et la nomination d’un Premier ministre, le prof s’ennuie tout seul. Y’a donc personne là-haut ? s’écrie ce chien de fonctionnaire abandonné sur une aire de retournement de gouvernement. Que dit le réseau ? Son autorité de tutelle tweete-t-elle ? Évidemment, non. Elle n’a pas encore été nommée. Dans l’espace abandonné du Ministère personne ne vous entend crier.
La nuit porte conseil, dit-on. Conseil ministériel, sûrement, mercredi ou jeudi.

Ministres in Dictionerfs

extrait du Dictionerfs, éd. La Ville brûle, 2012

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Dictionerfs – Inédits – CLIMATOSCOLAIRE SCEPTIQUE

CLIMATOSCOLAIRE SCEPTIQUE, En proie au doute (Doute. Doute. Doute. Pas première fois)

Lorsque le climat scolaire vient sur la table, c’est que le métier de prof devient chaud.
Ce prof ne croit pas au refroidissement climatoscolaire. The Chaud must go on, dit-il, résigné. Au sein de la communauté pédagogique, il créé le trouble. Il trouve que ses collègues causent pour rien dire, que les causes ne changeront jamais et que les effets sont têtus.
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Dictionerfs – Inédits – L’EMMANUEL SCOLAIRE

L’EMMANUEL SCOLAIRE, Livre (Fourniture scolaire en marche)

Le prof a des élèves qui prennent un malin plaisir à jouer avec les prénoms de leur maman. Or, la répétition créé la contagion. C’est une facilité à laquelle le prof, certes, résiste souvent. Mais la jungle des prénoms est épaisse et les élèves aiment s’agacer sur ce sujet.

Lever les yeux aux ciel ne suffit pas toujours. Parfois, le prof lui-même cède.
En cette fin de présidence Hollande, il réalise qu’il en termine avec cinq ans de cours de François.

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Dictionerfs – Inédits – CELUI QUI RICANE, CELUI QUI SE GRATTE, CELUI QUI SAIGNE

CELUI QUI RICANE, CELUI QUI SE GRATTE, CELUI QUI SAIGNE, Trois en Un (Préparez vos mouchoirs)

Il y en a toujours un pour avoir quelque chose. Parfois trois choses font un tout. Ils n’écrivent pas grand chose : ils sont dans le prétexte. Ils sont trois et n’ont rien de mousquetaires. Ce sont des épées dans leur genre obtus. De drôles de mousquetaires. Que dire ? Que taire !

Face à ces obtus, c’est la guerre de tranchée. Chaque prof réagira comme il pourra.

Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas

Ce sont trois visages d’un même problème. C’est leur première année au collège et ils croient à l’existence de cours de récréation (en plus de la cour sous le préau). Ce sont des élèves que le prof ne connaît pas et qu’il voit s’empêtrer dans son cours. Il n’a qu’une envie : les envoyer paître. Il se raisonne. Parfois, moins et ça résonne.

Du haut de sa chaire (ce qu’il en reste), le prof craint un autre trio. Fébrile, il redoute l’arrivée prochaine de celui qui se mouche, celui qui tousse, celui qui renifle.

Pathos, ça vient du grec.

Dictionerfs – Inédits – PHOTO DE CLASSE

3929777qsjtcPHOTO DE CLASSE, Immortalisation («M’sieur, pourquoi vous ne vouliez pas être sur la photo ?»)
À l’inverse du monde de l’Éducation, le monde de la Photographie a tout intérêt à agrandir le négatif.
 Le photographe a plusieurs objectifs, notamment celui de demander aux élèves : «Tu veux ma photo ?». (dix euros, le lot) Il pourrait ajouter, comme la maîtresse du Petit Nicolas, c’est «un souvenir à chérir toute sa vie». Celui qui ne veut pas la photo, a tout faux, fait du hors-cadre, rompt le collectif.

Le monde a changé depuis les peintures rupestres des pionniers fonctionerfs. En ces temps reculés et peu cléments on parlait de photo de Glace. Le beau sourire des élèves s’obtenait alors par un caverneux puis cristallin grognement : «Mamouth’stiti !». La grotte sentait bon la mixité sociale et l’innocence. Puis il y eut Homo Sapiens comme une image et enfin Le Beau Gosse sur la photo.

Ensuite ce fut l’égalité des chances et son cadeau Kodak.

Il y a ceux qui ont le cliché chic : photogéniques ; il y a ceux pour qui le cliché cloche : faut’aux’géniteurs.

Et du côté des profs ?
Les profs sont soulagés que le photographe ne passe pas chaque année. C’est que le petit oiseau finit par devenir un vieux coucou. La photo de classe les met dans le plus simple appareil : daté, avec la date de péremption. M. Vieillot, 2016, Fin de Socle. L’ardoise et les arriérées. Sans parler des élèves qui, devenus grands, s’en payent une bonne en revoyant la tête constipée de M. Vieillot, se remémorant ses histoires de croix, de piliers et de socle, « Il était pas un peu catho, ce prof ? ». « Hé, les gars, on m’a dit qu’il était mort dans d’atroces souffrances. » « Bien fait…c’est vrai, quoi, j’avais été privé de portable, une semaine, j’m’en souviens, encore ! La rage. »

À cet engin ensorcelé, sorte de train fantôme, les fonctionerfs aimeraient bien rendre la pareille. Mais un fonctionerfs assis va moins loin qu’un appareil numérique qui marche.
Toutes ces photos sont des instants tannés pour des ronds-de-cuir que terrorise l’idée de vieillir pendant que leurs élèves restent jeunes. Les photos de classe, institutionnalisation du portrait de Dorian Gray au XXIème siècle, le prouvent : it’s a Wilde, Wilde world.

Pendant que leurs élèves se font tirer le portrait avec naturel, les fonctionerfs s’inquiètent et se demandent s’ils ne se feraient pas un peu tirer la peau.
Botox populi, Botox dei.
Closer, Voici le répètent : l’avenir appartient à ceux qui sont en photo. C’est ça aussi être une personne publique.

Tous les gens célèbres ont commencé par une photo de classe.