Dictionerfs – Inédits – PHILOSOFILM

PHILOSOFILM, Génération Écrans (Le metteur enseigne)

L’année scolaire est finie. Le temps pour le professeur de refaire le film, sage comme une image par image. De cette année scolaire, il a tout vu ! Normal, il y était. Devant le tableau et, depuis quelques années, devant l’écran. Ahn ! Le vidéoprojecteur, quelle belle invention.

Le vidéoprojecteur transforme un vulgaire tableau blanc en écran de cinéma. Le sain dispositif n’a pas eu de mal à faire oublier ce qui servait jadis à diffuser des films aux élèves : une télévision harnachée sur une table roulante, passant de cours en cours, après réservation. Autre époque !

Après avoir provoqué des nuits blanches chez les bâtons de craies, l’écran les a tués. Le cours peut désormais s’écrire à l’écran. Les feutres n’ont qu’à bien se tenir…

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Dictionerfs – Inédits – LE JOUR OÙ RUSSELL CROWE A SAUVÉ UNE SORTIE SCOLAIRE

LE JOUR OÙ RUSSELL CROWE A SAUVÉ UNE SORTIE SCOLAIRE, Sans le latin… (Ben Urge !)

Les peplums allaient de mal en pis. Les films à costumes ne se présentaient que sous des titres posthumes. Après la fondation de Rome ? Non, après la mort de tout film à costume. On touchait l’abîme, le nanarissime.

Des films ? Pompéï (hiiiiiiiiiiiii !) et Hercule (cucule).

À ce stade de l’évolution du péplum, ce n’était plus du cinéma mais des simagrées. Plus rien à voir avec une projection mais plus sûrement avec le postillon.

Les professeurs de lettres classiques étaient vannés devant ces navets. Ils se grattaient les cheveux à en faire tomber de vieilles pellicules : Spartacus, Ben Hur… Ils se sentaient comme des cancres en latin, au fond à côté du Gladiator.

Leurs boîtes crâniennes ressemblaient à une petite salle obscure subventionnée par l’État pour des films d’art et décès de langues mortes. RIP. Requiescant in Peplis. Avec un poteau juste devant le tableau pour l’écoulement des eaux usées. Gloomy, vraiment.

C’était un week-end et la pluie tombait sur Brest et toutes les villes hexagonales autour. En haut lieu la pluie – gonflée celle-là ! – se faisait même neige. Pendant que la pluie faisait des claquettes, le fonctionerfs cliquait pour se désennuyer un peu des copies qu’il ne voulait pas corriger. Soudain l’idée lui vint de chercher si un nouveau peplum s’annonçait avant la fin de l’année scolaire. Il n’y croyait pas. Cela n’avait rien d’un contrat d’objectif quadriennal mais ressemblait vaguement à un objectif jusqu’en juillet, avec la même détermination qui fait  attendre la fin de la pluie.

Il compulsa, feuilleta, cliqua et puis, comme le bonheur ruisselle dans les mains de celui qui ne s’y attend plus, il vit à l’affiche Russell ! Maximus Decimus lui-même. En voiture, Simone et en selle, Russell !

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Dictionerfs – Inédits – LE MONOLOGUE DU MACHIN

MONOLOGUE DU MACHIN, les vidéoprojecteurs ont une âme (après les Frères Lumière, le truc qui s’allume)

«C’est moi l’emmanché du plafond. Emmanché d’un long câble. Je suis appelé à régner et je tisse ma toile numérique. Alors que de vieux tromblons cherchent encore à décloisonner, moi je m’emplafonne.
Putain, putain, c’est vachement bien d’avoir l’œil cyclopéen (en plus mon nom est Epson ! Homère n’était pas si aveugle…). Lire la suite